Rigoletto

Melodramma en trois actes de Verdi (1851), mise en scène de Claus Guth, en langue italienne

Dans Le Roi s’amuse, le drame luxuriant de Victor Hugo, Verdi a perçu un théâtre digne de Shakespeare. Tels sont en tout cas ses mots enthousiastes lorsqu’il presse son librettiste Piave de mettre Venise sens dessus dessous pour que Rigoletto passe sans dommage sous les fourches caudines de la censure. Las, ce ne fut pas sans mal, la moralité ne tardant pas à s’en offusquer… De fait, le compositeur devait parvenir à créer, à travers ce bouffon bossu, l’une des figures les plus complexes et tourmentées de tout le répertoire opératique : monstrueux et déchirant, grotesque et sublime, père maudit qui, en voulant sauver sa fille des griffes du duc, finira par la tuer. Le rôle-titre atteint son apogée dans l’air « Cortigiani, vil razza dannata », dont le mouvement descendant, de l’explosion de rage à l’imploration, affirme la capacité de Verdi à plier une forme héritée du bel canto à la vérité du théâtre. Claus Guth a signé avec ce spectacle sa première mise en scène pour l’Opéra de Paris.

  • juliette.leboda@edu.escpeurope.eu

Opéra Bastille Paris

« L’instant de la vengeance est enfin arrivé. Depuis trente jours que je l’attends, en pleurant des larmes de sang, sous le masque du bouffon. » Rigoletto, Acte III

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