Cosi Fan Tutte

L'Opéra revient en force en ce début d'année avec un masthodonte de Mozart, Cosi Fan Tutte, une moquerie à l’égard des femmes et leur infidélité en première lecture, mais qui cache une cruauté encore plus grande, la volonté des hommes à pousser leur compagne à la faute par manque de confiance en elle, ou peut-être plus en eux-mêmes…

Le petit mot de l'Opéra :

Provoqués par Don Alfonso, vieux philosophe cynique, deux jeunes idéalistes décident de mettre à l’épreuve la fidélité de leur amante. L’amour leur infligera une amère leçon : ceux qui se croyaient phénix et déesses se découvriront corps désirants… Nous sommes en 1790, un an après la Révolution française, lorsque, pour ce qui sera leur dernière collaboration, Mozart et Da Ponte choisissent de mener cette expérience amoureuse et scientifique. Étrange musique que celle de ce Così fan tutte, complexe dans sa symétrie, souriante et pourtant d’une mélancolie presque sacrale. Étrange musique dont chacune des notes semble destinée à nous faire accepter la perte – perte du paradis, perte de la jeunesse, perte de l’être aimé – pour dessiner un monde où tout se transforme, tout est mouvement. Ce laboratoire de l’érotisme ne pouvait qu’inspirer Anne Teresa De Keersmaeker, chorégraphe, qui excelle à rendre visible sur scène la géométrie profonde des œuvres. Avec six chanteurs doublés de six danseurs, elle met en scène le désir qui unit et sépare les êtres, pareil aux interactions entre les atomes qui, quand elles se brisent, rendent possibles de nouvelles liaisons.

  • agathe.petex@edu.escpeurop.eu

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Opéra Garnier Place de l'Opéra, 75009 Paris

«En ce moment vous aimez un homme, vous en aimerez un autre ; l’un vaut l’autre parce qu’aucun ne vaut rien.» Despina, Acte I, scène 9

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